Dimanche 25 janvier 2015 7 25 /01 /Jan /2015 17:04

3- PS3 Théâtre "Il ne lui manquait que la parole" Eugène IONESCO Rhinocéros (1959) LECTURE (Acte I) Situation 

 

Problématique 

L'entrée dans l'intrigue correspond-elle aux modèles connus dans la comédie ou la tragédie ?


La grotte Chauvet, grande fresque La Grande fresque, dans la Grotte CHAUVET (dont rhinocéros)

 

1. Les éléments d'information contenus dans l'acte I

- Relever les informations (texte et didascalies) informant le lecteur / spectateur sur l'époque et le lieu de l'intrigue et dire l'intérêt de ces choix.

Ce que les didascalies de personnages disent du lieu :  (petite) ville française (patronymes, fonctions), un café, une terrasse

Didascalies de décor : "Une place dans une petite ville de province. Au fond, une maison composée d’un rez-de-chaussée et d’un étage. Au rez-de-chaussée, la devanture d’une épicerie. On y entre par une porte vitrée qui surmonte deux ou trois marches. Au-dessus de la devanture est écrit en caractère très visibles le mot : « EPICERIE ». Au premier étage, deux fenêtres qui doivent être celles du logement des épiciers. L’épicerie se trouve donc dans le fond du plateau, mais assez sur la gauche, pas loin des coulisses. On aperçoit, au-dessus de la maison de l’épicerie, le clocher d’une église, dans le lointain. Entre l’épicerie et le côté droit, la perspective d’une petite rue...."

Donc un décor précisé de façon très réaliste. Avec les éléments constitutifs d'un village, ce qui est rassurant, habituel (comme les autres décor de IONESCO, au début de la pièce, communs, banals.

"Ciel bleu, lumière crue, murs très blancs. C’est un dimanche, pas loin de midi, en été."

Phrase nominale pour l'atmosphère du lieu, traduisant une simplification excessive (inquiétante ?).

Dans la mise en scène, extrait de DEMARCY-MOTTA, les éléments sont modernisés et beaucoup plus neutres, mais la disposition générale est conservée. La possibilité de voir par les fenêtres l'intérieur d'un logis. La terrasse occupe tout le plateau, mais de façon peu cohérente : beaucoup de chaises également réparties et non rapprochées ; deux ou trois tables.

 

* "Il fait tellement chaud, tellement sec." Dès ses premières répliques, B. décrit l'atmosphère comme particulièrement étouffante. De nombreuses répliques vont corroborer cette sensation :

- "Où connaissez-vous des bois marécageux dans les alentours ?... Notre province est surnommée «La petite Castille» tellement elle est désertique !"

 

* Un autre élément du cadre est la poussière :

- d'abord sur la veste de Bérenger : "pour en faire sortir la poussière blanche"

- "Bérenger, lui, écarte simplement un peu la tête, à cause de la poussière"

- JEAN et La Ménagère éternuent 

- BERENGER,à Jean "Il me semble, oui, c’était un rhinocéros ! Ça en fait de la poussière !"

Dans un village, cela serait la poussière du chemin, mais dans une ville, elle a nécessairement une autre origine.

 

* La banalité du décor devient le signe de son manque d'intérêt : "on s’ennuie dans cette ville" (B.)

 

* Cette banalité se transforme avec une phrase clé : JEAN "… car il n’y a plus de jardin zoologique dans notre ville depuis que les animaux ont été décimés par la peste… il y a fort longtemps…"

La Peste est une maladie humaine, et fortement métaphorique (Oedipe, LA FONTAINE "Les Animaux malades de la peste") elle représente un châtiment, la punition d'humains moralement coupables. Le terme a aussi été employé pour qualifier le nazisme : "La peste brune. Le nazisme. Synon. peste hitlérienne."

 

* La sévérité de la municipalité est justement confirmée par l'interdiction des cirques : "Vous savez bien que la mairie a interdit aux nomades de séjourner sur le territoire de la commune… Il n’en passe plus depuis notre enfance"

Quelque chose a durci le climat social.

 

L'addition de ces différents éléments, même dans un décor "typique" de petite ville française, crée un lieu imaginaire et inquiétant, proche d'une dystopie (Forme de récit de fiction se déroulant dans une société imaginaire dont les défauts sont dénoncés).

 

2. L'atmosphère

- Quelles sont les tensions manifestées par les personnages principaux / secondaires ?

* "Ah ! celle-là ( A son mari qui est dans la boutique). Ah ! celle-là, elle est fière." La première réplique est une critique agressive de l'épicière contre une passante. Intérêt lié au travail, mais sur un ton acerbe, qui attaque la personne.

Plus loin, elle confirme sa méchanceté : "

L’EPICIERE, à l’Epicier "C’est bien fait pour elle. Elle ne l’a pas acheté chez nous."

 

* "Vous voilà tout de même, Bérenger." La première réplique de Jean est elle aussi un reproche, alors qu'ils arrivent en même temps, suivie de "Non. J’arrive, vous voyez bien." Insistance qui suppose que B. n'a pas fait attention, donc a priori un jugement négatif, dans une formulation agressive.

Ce sont des échanges qui, bien qu'ils commencent, sont empreints d'amertume (Sentiment mêlé de découragement et de rancœur, éprouvé à la suite d'un échec, d'une désillusion), de rancune. Il y a entre les perosnnages un passé qui charge le présent de sentiments négatifs.

Les deux premières répliques de J. sont en grande partie de forme négative, ce qui confirme dès les tous premiers échanges cette ambiance tendue.

Le ton de J. dépasse rapidement les "conseils amicaux" sur l'abstinence pour critiquer de façon ouverte et violente : "Vous puez l'alcool". L'emploi du lexique familier ne correspond pas à la tenue morale que le personnage va prétendre représenter.

 

* un élément de mise en scène accentue encore la tension palpable entre les personnages : la cravaye est lancée et se déploie comme une langue de caméléon. Ce geste animalise le personnage, et devient un instrument de capture, pour faire de B. la copie d'un homme "honorable" ; il y a donc ici un paradoxe. Le discours (moral, bienséant) est contredit par les gestes et le ton.

 

* Très rapidement la parole est confisqué à B. : JEAN "Seriez-vous d'une nature supérieure ? " BERENGER "Je ne prétends pas…" JEAN, interrompant "Je vous vaux bien. Et même, sans fausse modestie, je vaux mieux que vous.""

 

* "Non, il est vrai, je n’étais pas invité. On ne m’a pas fait cet honneur… Toutefois, je puis vous assurer que même si j’avais été invité, je ne serais pas venu, car…" Après avoir manifesté de la jalousie, JEAN dit refuser l'invitation, donc des relations sociales amicales

Plus tard dans l'exposé de ses activités, rien ne montrera le lien social, la convivialité, ce qu'il défend est seulement une honorabilité formelle.

 

* Dès leur apparition le Logicien et le Vieux Monsieur apparaissent comme soucieux d'eux-mêmes et peu respectueux des autres : "Le Vieux Monsieur élégant venant de la gauche, à la suite de la Ménagère, se précipite dans la boutique des épiciers, les bouscule, entre, tandis que le Logicien ira se plaquer contre le mur du fond, à gauche de l’entrée de l’épicerie."

 

* Le Logicien à La Ménagère, prenant le chat : "Il n'est pas méchant ?" C'est encore une présomption de mal. Chacun accuse, ou suppose que l'autre, même l'animal, est mauvais.

 

* Le Vieux Monsieur fait preuve d'attention vis-à-vis de La Ménagère, mais rapidement celle-ci devient galanterie moins désintéressée : LE VIEUX MONSIEUR, il soulève son chapeau, baise la main de la Ménagère "Très heureux de vous connaître !"... Puis-je vous faire un bout de conduite?"

De même pour La Ménagère, mariée : "Yeux doux, puis elle sort par la gauche"

 

* L'Epicier : "J'en ai, c'est pas ça qui manque." Si l'attention est plus aimable, il ne s'agit que de faire des affaires, non pas de sollicitude. Même attitude pour le Patron : "Occupez-vous de ces messieurs."

 

* Une tension différente se manifeste à l'entrée de Daisy : "Cette jeune fille vous effraye ?" C'est la première mention de la jeune fille, et si on comprend la honte de B., le verbe "effrayer" est disproportionné et traduit un des traits marquants de caractère de JEAN : l'inquétude. Pour B. "C'est comme si j'avais peur"... Mais cette peur est une angoisse diffuse, et non la peur de la méchanceté de Daisy ("Elle n'a pas l'air méchant")

 

- Comment les échanges de parole sont-ils construits et rythmés (qui parle à qui ? longueur des répliques / des échanges ?)

Il y a une alternance de dialogues-duos (Jean-Bérenger, ou Le Vieux Monsieur-La Ménagère) et de moments de choeurs "ça alors !", à l'arrivée du rhinocéros, qui montrent le bouleversement de tous.

Mais aussi dès le début de l'acte, des dialogues qui se chevauchent, se coupent, des questions sans réponse, des réponses sans questions ("Qu'est-ce que vous en dites ? / Ben... rien, ça fait de la poussière / J'ai aussi des poireaux / Minet, minet, minet" ; "Il n"y a plus de poussière / Délicieuse ! / Un rhinocéros, je n'en reviens pas."). Alors la polyphonie devient cacophonie.

 

3. L'intrigue 

- Quelle est la particularité de l'intrigue (son déclenchement) ?

* L'apparation, en pleine ville, d'un rhinocéros en liberté

- événement incongru, un peu dangereux, mais surtout incompréhensible, inexplicable (cf dialogue Jean- Bérenger)

=> quelle intrigue peut alors se développer ? Anecdote (cirque ?), problème scientifique (création d'un rhinocéros ? virus propagé par la bête ?)  Invasion ?

* Tension très palpable entre J. et B.

=> dispute, agression de B. ? clans ?

* Tensions nombreuses

=> Disputes, agressions ?

* Arrivée de Daisy

=> histoire d'amour ? rivalités ?

 

Conclusion

Quelles "évolution" attend-on ou redoute-ton ? Quelle évolution possible de l'intrigue ? Vers quelle fin ? 

Comment appelle-t-on cette première partie d'une pièce de théâtre qui pose tous les éléments indispensables à l'évolution de l'intrigue ?

 

L'acte 1, appelé acte d'exposition, ne permet pas de poser avec certitude les prémices d'une intrigue.  Le spectateur n'a aucune idée de ce qui peut se développer dans ce lieu / cette atmosphère / avec ces personnages, ce qui est déroutant.

Cependant les tensions sont si palpables qu'il ne s'agit pas non plus d'un début de pièce sans aucune logique.

Il y a une logique à l'oeuvre, un sens global, une direction d'ensemble : les rapports sont tendus, des rancunes, jalousies, besoins, faiblesses, tristesse... mais ce qu'ils vont produire n'est pas encore dicernable.


Dimanche 25 janvier 2015 7 25 /01 /Jan /2015 16:32

4-3 LANGUE Leçon 3 FONDAMENTAUX (2)

Fonctions verbales et nominales, temps, formes de phrases,

relations entre propositions, figures de style

Les activités des élèves

 

Consigne

Pour s'approprier les savoirs, les mémoriser, les communiquer, produire :

- dessin, schéma, logo...

- sketch, poème, chanson

- jeux de couleurs, graphisme...

signifiant, représentatif de la notion à acquérir

 

Par les 3eC

 

3. Les relations entre les propositions

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4. Formes de phrases

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5. Figures de style

 

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Dimanche 25 janvier 2015 7 25 /01 /Jan /2015 16:17

4-3 LANGUE Leçon 3 FONDAMENTAUX (2)

Fonctions verbales et nominales, temps, formes de phrases,

relations entre propositions, figures de style

Les activités des élèves

 

Consigne

Pour s'approprier les savoirs, les mémoriser, les communiquer, produire :

- dessin, schéma, logo...

- sketch, poème, chanson

- jeux de couleurs, graphisme...

signifiant, représentatif de la notion à acquérir

 

Par les 3eC

1. Fonctions


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2. MODES Temps


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