Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 21:28

3- PS4 THEATRE La farce, l'absurde pour dénoncer COURTELINE IONESCO BECKETT JARRY Expression orale

Clov.- Tu crois à la vie future ?

Hamm.- La mienne l’a toujours été. Samuel BECKETT Fin de Partie (1957)

Lien vers une étude du texte


 

Un temps.
Hamm - A part ça, ça va ?
Clov - Je ne me plains pas.
Hamm - Tu te sens dans ton état normal?
Clov (agacé) - je te dis que je ne me plains pas.
Hamm - Moi je me sens un peu drôle! (un temps) Clov.
Clov - Oui.
Hamm - Tu n'en as pas assez?
Clov - Si ! (un temps) De quoi ?
Hamm - De ce... de cette ...chose.
Clov - Mais depuis toujours (un temps). Toi non ?
Hamm (morne) - Alors il n'y a pas de raison pour que ça change.
Clov - Ça peut finir. (un temps) Toute la vie les mêmes questions, les mêmes réponses.
Hamm - Prépare-moi. (Clov ne bouge pas.) Va chercher le drap. (Clov ne bouge pas).
Clov - Oui.
Hamm - Je ne te donnerai plus rien à manger.
Clov - Alors nous mourrons.
Hamm - Je te donnerai juste assez pour t'empêcher de mourir. Tu auras tout le temps faim.
Clov - Alors nous ne mourrons pas. (un temps) Je vais chercher le drap. (Il va vers la porte.)
Hamm - Pas la peine. (Clov s'arrête) Je te donnerai un biscuit par jour. (un temps) .Un biscuit et demi. (un temps) Pourquoi restes-tu avec moi ?
Clov - Pourquoi me gardes-tu ?
Hamm - Il n'y a personne d'autre.
Clov - Il n'y a pas d'autre place.
(un temps)
Hamm - Tu me quittes quand même.
Clov - J'essaye.
Hamm - Tu ne m'aimes pas.
Clov - Non.
Hamm - Autrefois tu m'aimais.
Clov - Autrefois !
Hamm - Je t'ai trop fait souffrir. (un temps)  N'est-ce pas ?
Clov - Ce n'est pas ça.
Hamm (outré) - Je ne t'ai pas trop fait souffrir ?
Clov - Si.
Hamm (soulagé) - Ah ! Quand même ! (un temps. Froidement.) Pardon. (un temps. Plus fort.) J'ai dit pardon.
Clov - Je t'entends.(un temps)  Tu as saigné
Hamm - Moins. (un temps) Ce n'est pas l'heure de mon calmant ?
Clov - Non. (un temps)
Hamm - Comment vont tes yeux ?
Clov - Mal.
Hamm - Comment vont tes jambes ?
Clov - Mal.
Hamm - Mais tu peux bouger.
Clov - Oui.
Hamm - (avec violence) Alors bouge! (Clov va jusqu'au fond du mur, s'y appuie du front et des mains.) Où es-tu ?
Clov - Là.
Hamm - Reviens ! (Clov retourne à sa place à côté du fauteuil). Où es-tu ?
Clov - Là.
Hamm - Pourquoi ne me tues-tu pas ?
Clov- Je ne connais pas la combinaison du buffet.
(un temps)

Un temps.
Hamm - A part ça, ça va ?
Clov - Je ne me plains pas.
Hamm - Tu te sens dans ton état normal?
Clov (agacé) - je te dis que je ne me plains pas.
Hamm - Moi je me sens un peu drôle! (un temps) Clov.
Clov - Oui.
Hamm - Tu n'en as pas assez?
Clov - Si ! (un temps) De quoi ?
Hamm - De ce... de cette ...chose.
Clov - Mais depuis toujours (un temps). Toi non ?
Hamm (morne) - Alors il n'y a pas de raison pour que ça change.
Clov - Ça peut finir. (un temps) Toute la vie les mêmes questions, les mêmes réponses.
Hamm - Prépare-moi. (Clov ne bouge pas.) Va chercher le drap. (Clov ne bouge pas).
Clov - Oui.
Hamm - Je ne te donnerai plus rien à manger.
Clov - Alors nous mourrons.
Hamm - Je te donnerai juste assez pour t'empêcher de mourir. Tu auras tout le temps faim.
Clov - Alors nous ne mourrons pas. (un temps) Je vais chercher le drap. (Il va vers la porte.)
Hamm - Pas la peine. (Clov s'arrête) Je te donnerai un biscuit par jour. (un temps) .Un biscuit et demi. (un temps) Pourquoi restes-tu avec moi ?
Clov - Pourquoi me gardes-tu ?
Hamm - Il n'y a personne d'autre.
Clov - Il n'y a pas d'autre place.
(Un temps)
Hamm - Tu me quittes quand même.
Clov - J'essaye.
Hamm - Tu ne m'aimes pas.
Clov - Non.
Hamm - Autrefois tu m'aimais.
Clov - Autrefois !
Hamm - Je t'ai trop fait souffrir. (un temps) N'est-ce pas ?
Clov - Ce n'est pas ça.
Hamm (outré) - Je ne t'ai pas trop fait souffrir ?
Clov - Si.
Hamm (soulagé) - Ah ! Quand même ! (un temps. Froidement.) Pardon. (un temps. Plus fort.) J'ai dit pardon.
Clov - Je t'entends. (un temps) Tu as saigné
Hamm - Moins. (un temps.) Ce n'est pas l'heure de mon calmant ?
Clov - Non. (un temps)
Hamm - Comment vont tes yeux ?
Clov - Mal.
Hamm - Comment vont tes jambes ?
Clov - Mal.
Hamm - Mais tu peux bouger.
Clov - Oui.
Hamm - (avec violence) Alors bouge! (Clov va jusqu'au fond du mur, s'y appuie du front et des mains.) Où es-tu ?
Clov - Là.
Hamm - Reviens ! (Clov retourne à sa place à côté du fauteuil). Où es-tu ?
Clov - Là.
Hamm - Pourquoi ne me tues-tu pas ?
Clov- Je ne connais pas la combinaison du buffet.
(un temps.)


Copyright Oodoc - Samuel Beckett, Fin de partie (commentaire d'un extrait)
http://www.oodoc.com/71712-beckett-fin-de-partie-dialogue-hamm-clov.php

 

 

En Attendant Godot Samuel BECKETT (1953)

 

 

 

 

Par Le Fil de Laure - Publié dans : 3e ANNEE EN COURS
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 15:00

3- PS3 Le Grand Meaulnes Expression écrite Copies d'élèves

 

Yvonne de Galais                                                   Cheverny, le 26 décembre 1891                       
1 avenue Château 
Cheverny  

                                                                                               Au  bel étranger
                                                                                               Adresse inconnue

Mon amour,
Par l’une des fenêtres de cet immense château,  je découvre les premiers flocons de neige en pensant à vous. L’enthousiasme de la fête a laissé place à un grand vide où seuls mes pas résonnent, hantant de longs couloirs glacials et sans vie. Les tapisseries anciennes et les meubles cirés donnent à ces lieux un air moyenâgeux. Les sapins de la forêt sont devenus blancs et le lac près du château s’est transformé en un somptueux miroir gelé. La grandeur de cette demeure cache un labyrinthe où s’installent la peur et la solitude. Assise près de la cheminée, seul lieu où je retrouve un peu de réconfort et de chaleur, je vous écris cette lettre, témoignage de mes sentiments.Château de Bully
Quelques jours après notre rencontre, ne cessant de penser à vous, j’ai décidé de vous retrouver. Prétextant auprès de mes parents une promenade en forêt,  j’ai préparé quelques affaires utiles dans un sac puis j’ai attelé en cachette mon cheval dans l’écurie. J’ai décidé de passer par la forêt pour rejoindre la ville la plus proche. J’ai pensé que vous étiez certainement passé par là pour arriver au château. Un brouillard avait commencé à pénétrer dans la forêt. J’ai eu bientôt de plus en plus de difficultés à avancer. En voulant sauter un fossé, mon cheval est tombé, m’entrainant dans sa chute. J’ai ressenti une intense douleur au niveau de la cheville. Malgré mes appels, je n’entendis que l’écho de ma voix à travers la forêt. Des chasseurs ont finalement entendu mes cris et ont décidé de me reconduire au château,  où depuis l’espoir de vous retrouver est remplacé par la peur de ne plus jamais vous revoir.
 Au moment même où je vous  écris, le souvenir  de votre regard apporte du bonheur à mon cœur. Je me dis que vous êtes celui que le destin m’a envoyé et que notre amour ne peut se finir ainsi. Mes pensées pour vous sont amoureuses, et angéliques en même temps. J’aimerais tellement que vos sentiments soient semblables aux miens et que vous éprouviez le même envie de me revoir. Mais je souffre à la pensée que peut-être, il n’en est pas ainsi. Le temps qui passe renforce mon amour. Je ne sais pas si je pourrais vivre sans vous à mes côtés mais je sais que mes sentiments pour vous ne changeront jamais.

                                                                                               
                                                                                      A vous, Augustin, mon éternel amour (Marie P. 3D)

Par Le Fil de Laure - Publié dans : 3e ANNEE EN COURS
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