DNB 2010 1ère Partie Questions - Réécriture - Dictée DNB 2010
Les éléments de correction qui suivent ne présentent aucun caractère officiel ; ce ne sont que des pistes de correction possible. D'autres pistes de correction sur le Web Pédagogique.
Le texte
COLETTE, "En baie de Somme", Les Vrilles de la vigne (1908) de "Beau temps. à d'un petit enfant sauvage" Le texte en ligne
Questions
1. Une famille à la plage
1. A quoi les enfants sont-ils comparés dans le premier paragraphe ? (1 point)
Dans le premier paragraphe, les enfants sont comparés à des aliments mis à cuire au soleil. Les expressions qui le montrent sont : "à cuire", "rôtissent" (l.1), et "mijotent" (l.2). Elles appartiennent au champ lexical de l'alimentation, cette comparaison est donc aimablement dévalorisante.
2. Que font les deux enfants avant que Jojo ne vienne voir sa mère ? Justifier vos réponses en citant le texte. (1 point)
Les deux enfants sont en train de jouer ensemble sur le sable au bord de la mer. Jojo a creusé un trou dans le sable, et sa soeur s'amuse également à creuser un trou dont il est précisé qu'il est au bord de l'eau. Les phrases ou expressions qui le montrent sont les suivantes : "la pelle aux doigts, les joues sablées" (l. 8), puis plus loin "la "noyée" au fond d'une cuve de sable, où elle fouit comme un ratier" (l. 19)
3. a) Que fait la mère dans le premier paragraphe ? (0,5 point)
Dans le premier paragraphe, la mère est en train de lire. Les termes qui le montrent sont nombreux : "un roman mystérieux" (l.4), "les yeux de la liseuse" (l.11), "le livre vole" (l.15). Elle lit "sous l'ombrelle de toile rayée" (l.3).
b) Par rapport aux enfants, quelle est la conséquence de cette activité ? (0,5 point)
La mère laisse ses deux enfants jouer ensemble, elle ne les surveille pas, très absorbée par sa propre activité. Le texte précise : "oublie délicieusement ses deux gosses" (l.3)
4. a) Dans la dernière phrase du premier paragraphe, le verbe "s'enivrer" (l.3) a-t-il son sens courant ? Justifiez votre réponse. (0,5 point)
Dans ce contexte, le verbe s'enivrer (l.3) n'a le sens propre de boire jusqu'à l'ébriété (l'ivresse), mais un sens figuré : dans un état agréable et un peu trouble, faisant perdre le contact avec la réalité.
b) Quelles sont la nature et la fonction du mot hallucinés (l.11) (1 point)
Hallucinés (l.11) est un participe passé employé comme adjectif qualificatif ; sa fonction est apposé au nom, apposition du nom / GN "les yeux de la liseuse" [il sera sûrement accepté épithète détachée ; le point sur l'apposition)
c) Comment expliquez-vous l'emploi de hallucinés par rapport à celui de s'enivre (l.3, 11) ? (0,5 point)
Le regard est "halluciné[s]" (l.11), c'est-à-dire que la mère paraît être victime d'une hallucination, voir des choses qui n'existent pas ; elle est encore sous l'emprise des personnages et du récit de son roman. Cette hallucination est donc un effet de l'ivresse, évoqué par le verbe "s'enivrer" (l.3)
2. L'action
1. Quels sont les procédés utilisés pour souligner que le dialogue entre la mère et l'enfant piétine tout d'abord ? (1 point)
Les procédés utilisés pour montrer que le dialogue piétine sont les suivants :
- la répétition anaphorique de l'aapostrophe "maman" ; il montre que la mère n'est pas attentive à la demande du petit garçon.
- la forme emphatique "Maman, dis donc, maman" par la répétition, et l'insistant "dis donc". Cette phrase étant elle-même entièrement répétée pour marquer encore l'insistance.
- L'absence de réponse de la mère est marquée par la ponctuation ; les points de suspension "..." représente ce silence.
Au milieu du dialogue, le passage descriptif constitue aussi une pause : "Son gros petit garçon, patient et têtu, attend, la pelle aux doigts..." qui arrête la narration.
2. "Le livre vole, le pliant tombe..." (l.15) : (1 point)
a) Quelle réaction de la mère cette phrase traduit-elle ?
On peut penser que la mère ressent une grande inquiétude,de l'affolement ou de la panique.
b) Nommez les deux procédés d'écriture utilisés pour souligner cette réaction.
On peut citer :
- l'absence de relation logique ou temporelle explicite entre les deux propositions (on peut parler de parataxe : absence de subordination ou plus précisément d'asyndète : absence de subordination et de coordination ; lien explicatif) ; cette absence de lien reflète l'absence de coordination dans la pensée même du personnage, de réflexion construite.
- l'antithèse entre "vole" et "tombe" accentue aussi l'effet de désordre.
- le fait que la phrase soit inachevée peut signaler l'absence de conscience claire des événements en cours.
- le parallélisme de la construction grammaticale, les verbes intransitifs, les assonances et allitérations, tout contribue à créer un court effet de panique.
3. "Alors..." (l.17)
a) Remplacez l'adverbe "alors" (l.17) par une conjonction de subordination de même sens.
La conjonction de coordination de même sens est "donc".
b) Quel rapport logique ces deux mots expriment-ils ?
Ces deux mots expriment un rapport de conséquence : La déduction "elle s'est noyée" a été faite, par le petit garçon, comme une conséquence logique "elle n'y est plus".
c) Quel aspect de la personnalité de Jojo apparaît ici ?
On peut penser que le petit garçon est raisonneur, logique, il aime à émettre des déductions, même improbables pour un adulte. Il sait également formuler ses idées de façon construite. Il ne se laisse pas submerger par l'émotion.
4. Précisez au moins deux reproches exprimés par la mère contre son fils des lignes 20 à 25 (1 point)
La mère reproche plusieurs choses à son fils :
- Il invente des histoires
- Ce faisant, il l'empêche de lire
- Il croit sincèrement à la noyade ;elle lui reproche donc son insensibilité.
5. "Seigneur : il le croyait !!! et c'est tout ce que ça te faisait?" (l.25)
a) Comment la ponctuation est-elle utilisée dans cette phrase ?
La ponctuation est expressive et dedondante. Les points d'exclamation expriment la surprise, voire la stupéfaction ; le point d'interrogation questionne le garçon sur son sentiment réel.
b) Quel est le sentiment de la mère ainsi souligné ?
On peut parler d'incompréhension, d'indignation, de colère, de stupéfaction, peut-être d'incrédulité ressentis par la mère face aux réactions exprimés par Jojo.
3. Une scène de comédie
1.Montrez que ce texte se rattache au genre théâtral. Montrer ensuite en quoi il en différe. Justifiez votre réponse en vous appuyant sur l'ensemble du texte. (2 points)
On peut rattacher ce texte narratif au genre dramatique pour plusieurs raisons.
Le dialogue domine largement de ligne 5 à la ligne 27.
Les verbes de dialogue sont absents (comme dire, demander...)
Les notations narratives sont brèves et proches de didascalies : "Les yeux de la liseuse se lèvent" par exemple ; l'emploi du présent est aussi commun aux deux genres.
Le premier paragraphe s'apparente à une didascalie initiale : "Beau temps [phrase averbale]. On a mis tous les enfants à cuire ensemble sur la plage."
La ponctuation marque nettement des intonations vives, expressives.
L'ensemble constitue une scène narrative (Schéma narratif complet).
Mais le texte est bien narratif et ce pour plusieurs raisons.
Le narrateur intervient dans le récit (l.26-27) "par dessus l'abîme qui sépare une grande personne civilisée d'un petit enfant sauvage...".
Les notations descriptives sont destinées à être lues et appréciées en tant que telles, comme des images : "les joues sablées comme un gâteau".
Les passages narratifs sont aussi riches d'effets destinés au lecteur : "comme un ratier"(l.19), "comme une mouette" (l.18) (comparaison), "les uns rôtissent"(l.1) (métaphore) ; ces figures introduisent un univers figuré qui ne serait pas utile en didascalie.
2. Lignes 18-19 : (1 point)
a) A quoi la mère est-elle comparée .? A quoi la fille est-elle comparée ?
La mère et la fille sont ainsi décrites : "comme un ratier"(l.19) pour la fille, "comme une mouette" (l.18) pour la mère.
b) Quel est le point commun de ces deux comparaisons ?
Il s'agit de deux comparaisons appartenant au champ lexical des animaux. Il s'agit d'une animalisation, qui peut caractériser une atmosphère de détente, de nature (?).
3. Qu'y a-t-il de comique dans la façon dont Jojjo annonce à sa mèr ela noyade de Jeannine ? (1 point)
C'est le laconisme de la nouvelle, sa brièveté("Maman, Jeannine est noyée" l.14) accompagnée d'une absence totale d'émotion, traduite par des mots, des gestes ou des intonations qui rend l'annonce e la noyade amusant. Le contraste entre l agravité de l'événement et la placidité, le calme du garçon.
4. Pour conclure
En vous appuyant sur l'ensemble de vos réponses, indiquez si la mère vous paraît correspondre à l'expression "grande personne civilisée" et l'enfant à l'expression "petit enfant sauvage". Justifiez votre réponse.
Même si dans un premier temps, on peut partager les inquiétudes de la mère, exprimées par le dialogue et les types de phrases, la prédominance de ce dialogue, et synthétisées dans l'intervention du narrateur (l.26-27), le lecteur ne peut pas ne pas sentir un jugement dans la modalisation du comportement de la mère qui s'enivre" fût-ce de livres, et aux yeux "hallucinés" : celle-ci ne s'occupe guère de ces enfants et les laisse bien libres, elle est donc à l'origine un peu de leur sauvagerie.
Quant à Jojo, il prévient sa mère du danger, même laconiquement, et raisonne logiquement, ce qui est le contraire du "sauvage".
Cependant cette opposition raisonnable / sauvage est réduite du fait de l'aspect théâtral et joué de la scène. Les membres de cette famille semblent partager un vrai plaisir causé par des histoires et les émotions qu'elles suscitent.
Réécriture
"Beau temps. On a mis tous les enfants à cuire ensemble sur la plage. Les uns rôtissent sur le sable sec, les autres mijotent au bain-marie dans les flaques chaudes. La jeune maman, sous l’ombrelle de toile rayée, oublie délicieusement ses deux gosses et s’enivre, les joues chaudes, d’un roman mystérieux, habillé comme elle de toile écrue...
— Maman !…
— Maman, dis donc, maman !…
Son gros petit garçon, patient et têtu, attend, la pelle aux doigts, les joues sablées
comme un gâteau...
— Maman, dis donc, maman...
Les yeux de la liseuse se lèvent enfin, hallucinés, et elle jette dans un petit aboiement
excédé :
— Quoi ?"
Réécrivez le texte des lignes 1 à 13 en utilisant le système des temps du passé (plus-que-parfait, imparfait, passé simple)
"Beau temps. On avait mis tous les enfants à cuire ensemble sur la plage. Les uns rôtissaient sur le sable sec, les autres mijotaient au bain-marie dans les flaques chaudes. La jeune maman, sous l’ombrelle de toile rayée, oubliait délicieusement ses deux gosses et s’enivrait, les joues chaudes, d’un roman mystérieux, habillé comme elle de toile écrue...
— Maman !…
— Maman, dis donc, maman !…
Son gros petit garçon, patient et têtu, attendait, la pelle aux doigts, les joues sablées
comme un gâteau...
— Maman, dis donc, maman...
Les yeux de la liseuse se levèrent enfin, hallucinés, et elle jeta dans un petit aboiement excédé :
— Quoi ?"
Dictée
La mer est partie [ accord du PPé employé avec être avec le sujet] si loin qu’elle ne reviendra peut-être plus jamais ? Si, elle reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais [présent IND = S S T ] ici. On ne pense jamais à elle. On lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, jusqu’au moment où [différent de "ou"] une langue froide, insinuée[accord du PPé employé seul = AQ] entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de serpent. Avant qu’on l’ait [subjonctif] prévu, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé [accords du PPé avec avoir, le COD étant après le verbe] le jeu de croquet et le tennis.
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