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CAPES CPE Lettres

Mardi 16 octobre 2012 2 16 /10 /Oct /2012 19:41

CAPES Interne CPE Références Travail sur l'aspect formel de l'écrit de RAEP (Reconnaissance de Acquis d'Expérience Professionnelle)

Plan de l'intervention

poussins- Claude PONTI

1ère partie Les attendus formels du dossier 

1. L'expression formelle, le "style" attendu dans le dossier de RAEP

- utilisation du "discours explicatif" => se reporter au cours sur le discours explicatif (avec implication modérée d'un "je")

= Il ne s'agit pas d'une narration ; les effets de la narration sont donc à bannir. Il s'agit d'une explication : quoi ? comment ? pourquoi ?

= une explication se caractérise par son organisation (cf. partie suivante) ; la posture de l'énonciateur ; la qualité de l'expression et sa clarté ; son lexique spécialisé défini.

* posture de l'énonciateur : Objectivité et neutralité

* qualité de l'expression : présent + passé composé (pas de passé simple) ; pas de ponctuation expressive ; pas de lexique chargé affectivement (modalisation) ; phrases courtes etc.

* lexique

[Exemple d'un mémoire professionnel de PLC2 sur la formation des délégués]


 

2. L'organisation de la partie 1

Reprise des deux organisations préconisées par pôles de responsabilités (assumées, en propre, partagées...) ou par fonctions (EPLE, animation...) selon la circulaire de mission des cPE.

3. Distribution de quelques documents synthétiques et commentaires rapides sur les points formels importants : langue (maîtrise des accords etc.), syntaxe (liens logiques), lexique, typographie (présentation), abréviations, orthographe (mots pièges)

 Liens pour éviter trop de photocopies

langue

http://www.etudes-litteraires.com/bac-francais/fautes-orthographe.php#2

syntaxe (ces exemples sont peu pertinents, un "point" plus complet est en cours.)

[ sur http://www.uqac.ca/departements/ens-pre-pri/documents/ecrire_sans_faute.pdf 

 Syntaxe de la phrase de base et des phrases transformées

Ordre incorrect des mots :

« Pourquoi ils font imprimer les dépliants sur du papier recyclé?»

[Pourquoi font-ils]

« (…) les cyclistes ne devraient que circuler sur des pistes cyclables (…).»

[les cyclistes ne devraient circuler que sur des pistes…]

« Troisièmement, mon expérience sur le plan social de mon secondaire (…).»

[Troisièmement, au plan social, mon expérience du secondaire]

Omission ou ajout de mots nécessaires à la construction correcte de la phrase :

« Des centaines de poissons et_oiseaux sont à cause de ça.» [et d’oiseaux]

« Je crois_sur ces points, l’école n’a rien à se reprocher.» [Je crois que]

« D’ailleurs qui en n’a jamais essayé un.» [qui n’en a jamais]

Emploi incorrect ou mauvais choix de la préposition, du pronom, de la conjonction :

« Mais est-ce nécessaire d’interdire les cyclistes de circuler sur nos routes?»

[d’interdire aux]

 

Syntaxe

- Phrases courtes

Les phrases sont préférablement des indépendantes coordonnées, et quand une subordination est nécessaire, il faut éviter les phrases "à rallonge"

- Phrases averbales

Il faut éviter les phrases sans verbe (hors dans une énumération, avec des tirets)

- Ponctuation (parenthèses, point virgule, virgules)

- OUbli de la préposition dans une énumération

- Ordre des GN dans la phrase 

- Place de l'apposition

- Relatives déterminatives et explicatives



typographie

http://www.umoncton.ca/umce-scienceinfirmiere/files/umce-scienceinfirmiere/wf/wf/pdf/typographie.pdf

orthographe

http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Liste_de_fautes_d%27orthographe_courantes

petronille Claude PONTI

2e partie Mise en oeuvre, application

Réalisation par chacun des préparationnaire d'un tableau à trois lignes (les trois axes...) et trois colonnes (périodes, contextes d'activités en gros / actions réalisées / liens explicites avec des compétences présentes ou implicites de la circulaire, ou de la "reformulation" J.-P. Delahaye). Il est rappelé, à l'intérieur de chaque axe, la nécessité d'une progression chronologique, logique.

- Rédaction d'un passage de la partie 1 qui est la transposition rédigée ce tableau.

 

3e partie Transposition de cette méthodologie à la partie 2 de l'écrit de RAEP

- Travail préalable sur des documents : pour l'un des erreurs formelles gênant la lisibilité  ; pour l'autre, il s'agit d'extraits de deux productions anonymées du groupe sur lesquelles on enlève le "ressenti", on ajoute des commentaires, de l'analyse (référence aux textes officiels, au moins), on réorganise. Suggestion de surligner les analyses  (avant la restitution finale) pour soi-même, et les premiers correcteurs / relecteurs. 

- Ecriture d'un passage de la partie 2

Lien vers la seconde séance.

Par Le Fil de Laure - Publié dans : CAPES CPE Lettres
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 11:18

Séance 8 La poésie + la description Analyse d'un corpus "Poésie" Niveau 4e

1. Le corpus
Texte A Victor HUGO Toute la lyre (1888-1897, par Paul Meurice, avec des poèmes non publiés des années 1850)
"Le couchant flamboyait à travers les bruines"

Le couchant flamboyait à travers les bruines
Comme le fronton d'or d'un vieux temple en ruines.
    Sur l'énorme horizon.
Une colonne torse en marbre vert, tombée
La mer au loin semblait, en ondes recourbée,
     L'arbre avait un frisson.

La vague, roue errante, et l'écume, cavale,
S'enfuyaient ; je voyais luire par intervalle
     Les cieux pleins de regards ;
Les flots allaient, venaient, couraient sans fin, sans nombre,
Et j'écoutais, penché sur le cirque de l'ombre,
     Le bruit de tous ces chars.

Lugubre immensité ! profondeurs redoutées !
Tous sont là, les Satans comme les Prométhées,
     Ténébreux océans !
Cieux, vous êtes l'abîme où tombent les génies,
Oh ! combien l'oeil au fond des brumes infinies
     Aperçoit de géants !

Ô vie, énigme, sphinx, nuit, sois la bienvenue !
Car je me sens d'accord avec l'âme inconnue.
     Je souffre, mais je crois.
J'habite l'absolu, patrie obscure et sombre,
Pas plus intimidé dans tous ces gouffres d'ombre
     Que l'oiseau dans les bois.

Je songe, l'oeil fixé sur l'incompréhensible.
Le zénith est fermé. Les justes sont la cible
     Du mensonge effronté ;
Le bien, qui semble aveugle, a le mal pour ministre.
Mais, rassuré, je vois sous la porte sinistre
     La fente de clarté
.

Caspar David FRIEDRICH (1774-1840) 1809 Moine au bord de la mer © BPK, Berlin, Dist RMN - Jörg P. Anders          Caspar David FRIEDRICH (1774-1840) Moine au bord de la mer (1809) Analyse sur Histoire-image

Texte B Charles BAUDELAIRE  Les Fleurs du mal 1857 (1861)
"Le crépuscule du matin" (Tableaux parisiens)

La diane chantait dans les cours des casernes,
Et le vent du matin soufflait sur les lanternes.

C'était l'heure où l'essaim des rêves malfaisants
Tord sur leurs oreillers les bruns adolescents ;
Où, comme un oeil sanglant qui palpite et qui bouge,
La lampe sur le jour fait une tache rouge ;
Où l'âme, sous le poids du corps revêche et lourd,
Imite les combats de la lampe et du jour.
Comme un visage en pleurs que les brises essuient,
L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient,
Et l'homme est las d'écrire et la femme d'aimer.

Les maisons çà et là commençaient à fumer.
Les femmes de plaisir, la paupière livide,
Bouche ouverte, dormaient de leur sommeil stupide ;
Les pauvresses, traînant leurs seins maigres et froids,
Soufflaient sur leurs tisons et soufflaient sur leurs doigts.
C'était l'heure où parmi le froid et la lésine
S'aggravent les douleurs des femmes en gésine ;
Comme un sanglot coupé par un sang écumeux
Le chant du coq au loin déchirait l'air brumeux ;
Une mer de brouillards baignait les édifices,
Et les agonisants dans le fond des hospices
Poussaient leur dernier râle en hoquets inégaux.
Les débauchés rentraient, brisés par leurs travaux.

L'aurore grelottante en robe rose et verte
S'avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, vieillard laborieux.

Texte C Arthur RIMBAUD, Illuminations (1872-1874) "Les Ponts"

     Des ciels gris de cristal. Un bizarre dessin de ponts, ceux-ci droits, ceux-là bombés, d'autres descendant ou obliquant en angles sur les premiers, et ces figures se renouvelant dans les autres circuits éclairés du canal, mais tous tellement longs et légers que les rives chargées de dômes s'abaissent et s'amoindrissent. Quelques-uns de ces ponts sont encore chargés de masures. D'autres soutiennent des mâts, des signaux, de frêles parapets. Des accords mineurs se croisent, et filent, des cordes montent des berges. On distingue une veste rouge, peut-être d'autres costumes et des instruments de musique. Sont-ce des airs populaires, des bouts de concerts seigneuriaux, des restants d'hymnes publics? L'eau est grise et bleue, large comme un bras de mer. – Un rayon blanc, tombant du haut du ciel, anéantit cette comédie.

 

Odilon REDON Méandres, détail du panneau « Le Jour » Abbaye de Fondfroide 1910-1911                                               Odilon REDON Panneau décoratif "Le Jour" Analyse

Texte D Paul VERLAINE Romances sans paroles 1873 «Charleroi»  (Paysages belges)


Dans l'herbe noire
Les Kobolds vont.
Le vent profond
Pleure, on veut croire.

Quoi donc se sent ?
L'avoine siffle.
Un buisson gifle
L'oeil au passant.

Plutôt des bouges
Que des maisons.
Quels horizons
De forges rouges !

On sent donc quoi ?
Des gares tonnent,
Les yeux s'étonnent,
Où Charleroi ?

Parfums sinistres !
Qu'est-ce que c'est ?
Quoi bruissait
Comme des sistres ?

Sites brutaux !
Oh ! votre haleine,
Sueur humaine,
Cris des métaux !

Dans l'herbe noire
Les Kobolds vont.
Le vent profond
Pleure, on veut croire.

Texte E Jules SUPERVIELLE Débarcadères (1922) "Marseille"    

Marseille sortie de la mer, avec ses poissons de roche, ses coquillages et l'iode,
Et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants,
Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont luisants d'eau marine,
Le beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel,
Et les cafés qui enfantent sur le trottoir hommes et femmes de maintenant avec leurs yeux de phosphore,
Leurs verres, leurs tasses, leurs seaux à glace et leurs alcools,
Et cela fait un bruit de pieds et de chaises frétillantes.
Ici le soleil pense tout haut, c'est une grande lumière qui se mêle à la conversation,
Et réjouit la gorge des femmes comme celle des torrents de montagne,
Il prend les nouveaux venus à partie, les bouscule un peu dans la rue,
Et les pousse sans arrêt du côté des jolies filles.
Et la lune est un singe échappé au baluchon d'un marin
Qui vous regarde à travers les barreaux légers de la nuit.
Marseille, écoute-moi, je t'en prie, sois attentive,
Je voudrais te prendre dans un coin, te parler avec douceur,
Reste donc un peu tranquille que nous nous regardions un peu
O toi toujours en partance
Et qui ne peux t'en aller,
A cause de toutes ces ancres qui te mordillent sous la mer.


Texte F Michel DEGUY (1930- ) Un extrait de Spleen de Paris, 2001 sur remue.net  "Les merveilleux nuages"

Les oiseaux sont dans l’air, les poissons dans l’eau. Où sommes-nous ? En plan. Nous sommes les seuls à tomber. Poissons et oiseaux, verticaux, montent et descendent, arpentant le trièdre avec douceur, comme on se penche ou se glisse. J’aime les mouettes, les merveilleux oiseaux. Le poisson, dragon chimérique, ondule des bords.
Nous n’avons pas la verticale. À nous la chute. Nous les plats. C’est nous les animaux machines, bien sûr, qui reconquérons la verticale, à contre-chute.
Notre milieu est psychique. Il est à traverser, lui aussi. Les choses sont dans la psyché. La mer est bleue, disons couleur mer. Pour tous. C’est ça la réalité. Les rives. 

Harry_Gruyaert_Baie_d_Authie_Pas-de-Calais_-Magnum_Photos_Conservatoire_du_littoral_basse

                      Harry Gruyaert (1941-) Baie d’Authie, Pas-de-Calais Une présentation

Document iconographique du corpus
Les Chantiers Vieira da Silva (1957)


Vieira da Silva Les Chantiers 1957
Pistes de problématiques

L'intérêt porté à la description de paysage par le poète, visions personnelles de fragments lumineux du monde, peut-il constituer un axe d'étude privilégié du genre poétique en classe de 4e ?

 

L'intérêt porté à la description de paysage par le poète, tensions de voyants singuliers vers des univers mouvants, peut-il constituer un axe d'étude privilégié du genre poétique, du XIXe au XXe, en classe de 4e ?

 

Le poète dit sa vision du monde, à travers des descriptions de paysages naturels ou marqués par l'homme. Son point de vue donne une idée, mouvante, suivant l'époque, du rôle du poète. Mais jusqu'à quelle vérité du monde ?

 

L'étude de la description de paysages dans la  poésie nous permet d'aborder la spécificité du genre poétique en classe de 4e. Par le choix de ce corpus, les élèves seront sensibilisés à l'évolution d'un genre lié aux différentes visions du poète,  du XIXe au  XXe siècle .


2. Repères théoriques
Michel COLLOT

Paysage et poésie du romantisme à nos jours.

Collection « Les essais », José Corti, 2005.

448 pages. 25 euros

Par Le Fil de Laure - Publié dans : CAPES CPE Lettres
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